Glace à l’italienne : ce qui la rend si légère, et comment la faire

Une glace à l’italienne se reconnaît de loin : une spirale souple, tirée devant vous, qui fond plus vite qu’une boule. Cette texture tient à la façon de la servir. Voici ce qui la distingue, comment en approcher le résultat à la maison, et ce qu’il faut à un professionnel pour en servir, du matériel glacier professionnel à la vitrine.

À retenir

  • La glace à l’italienne est une crème glacée servie au sortir de la machine, sans passer par le durcissement qu’on applique aux glaces à la boule.
  • Elle contient beaucoup d’air : le foisonnement, c’est-à-dire l’air incorporé pendant la congélation, peut représenter jusqu’à la moitié du volume d’une crème glacée.
  • À la maison, une sorbetière donne le résultat le plus proche, à condition de servir la glace dès la fin du turbinage.
  • Sans machine, une chantilly mêlée de lait concentré sucré donne une texture souple, sans être une vraie glace à l’italienne.
  • Une fois durcies, les glaces se conservent à − 18 °C ou moins, selon la réglementation.

Glace à l’italienne ou glace à la boule : la même crème, deux sorties

La glace à l’italienne et la glace à la boule partent du même principe : un mélange de lait, de crème, de sucre et d’arômes que l’on congèle en le brassant. Tout se joue à la sortie de la machine.

Pour une glace à la boule, la crème glacée est durcie aussitôt après la congélation, afin de solidifier la plus grande partie possible de son eau. C’est ce que l’Office québécois de la langue française appelle la « crème glacée dure ». Elle se conserve ensuite au congélateur et se sert à la cuillère ou à la spatule.

La glace à l’italienne, elle, ne passe pas par cette étape. D’après l’ouvrage de référence de H. Douglas Goff (Université de Guelph), une crème glacée sort du freezer avec environ la moitié de son eau congelée : c’est à ce stade que la glace « molle » est tirée directement dans le cornet, au lieu d’être conditionnée puis durcie. D’où sa souplesse, et sa tendance à fondre plus vite.

Un nom qui change de sens selon le pays

En France, « glace à l’italienne » désigne cette glace molle servie en spirale : l’Office québécois de la langue française note d’ailleurs que « machine à glace à l’italienne » est l’usage européen pour la « machine à crème glacée molle ». Au Québec, « glace italienne » désigne au contraire le gelato, une glace artisanale d’origine italienne servie à la spatule. Les deux produits n’ont pas la même texture.

La spirale, un geste plus qu’une forme

La spirale est donnée par un mouvement de rotation de la main pendant que la glace sort de la machine, dans le cornet ou la coupelle. Certaines machines ajoutent un nappage (chocolat, caramel, fraise) au moment du service.

Mini-résumé : la glace à l’italienne est une crème glacée servie avant d’être durcie, d’où sa souplesse.

L’air, l’ingrédient qu’on ne voit pas

Pendant la congélation, la machine brasse le mélange et y incorpore de l’air. On appelle ce gain de volume le foisonnement : un mélange qui double de volume a un foisonnement de 100 %. D’après l’ouvrage de H. Douglas Goff, l’air peut représenter jusqu’à la moitié du volume d’une crème glacée.

Sur une glace à l’italienne, le fabricant de machines Taylor vise un foisonnement de 35 à 45 %. Moins d’air donne une glace dense et lourde, trop d’air une glace qui s’affaisse dans le cornet.

C’est aussi pour cette raison que la DGCCRF demande d’exprimer la quantité d’une glace préemballée en masse plutôt qu’en volume : à volume égal, deux glaces plus ou moins foisonnées n’ont pas le même poids.

Crème glacée, glace au lait : ce que disent les noms

Les dénominations ne sont pas libres. D’après la fiche de la DGCCRF (mai 2025), une crème glacée contient au moins 5 % de matières grasses laitières, et une glace au lait au moins 6 % d’extrait sec dégraissé du lait. Une recette à base de lait entier et de crème, comme celle qui suit, relève de la crème glacée.

Mini-résumé : l’air fait la légèreté de la glace à l’italienne, et c’est le brassage pendant la congélation qui l’y met.

La recette à la sorbetière

Une sorbetière ou une turbine à glace brasse le mélange pendant qu’il refroidit : c’est l’appareil qui s’approche le plus d’une machine à glace à l’italienne. Pour environ six cornets :

Les ingrédients

Base vanillePour la version chocolat
500 ml de lait entierajouter 100 g de chocolat noir fondu, ou 30 g de cacao en poudre non sucré
250 ml de crème liquide entière (30 % de matière grasse minimum)
100 g de sucre
1 cuillère à soupe de glucose ou de miel (facultatif, pour l’onctuosité)
2 cuillères à café de fécule de maïs
1 cuillère à café d’extrait de vanille

Les étapes

  1. Chauffez le lait, le sucre, la fécule et le glucose ou le miel dans une casserole jusqu’à légère ébullition, en remuant sans arrêt. Le mélange épaissit légèrement.
  2. Hors du feu, ajoutez la crème et la vanille, ou le chocolat fondu.
  3. Laissez refroidir, puis placez au réfrigérateur au moins 4 heures, une nuit de préférence.
  4. Versez dans la sorbetière et turbinez jusqu’à ce que la glace soit bien montée.
  5. Servez aussitôt, à la poche à douille cannelée, en tournant le cornet pour former la spirale.

Info : ne remettez pas la glace au congélateur si vous voulez garder l’effet « à l’italienne ». En durcissant, elle devient une glace à la boule.

Mini-résumé : à la maison, une sorbetière et un service immédiat donnent le résultat le plus proche d’une glace à l’italienne.

Sans sorbetière : la version à la chantilly

Sans appareil pour brasser la glace pendant la congélation, on peut apporter l’air autrement : en montant la crème en chantilly avant de congeler.

  1. Montez 300 ml de crème liquide très froide en chantilly.
  2. Incorporez délicatement 200 ml de lait concentré sucré et l’arôme choisi (vanille ou chocolat).
  3. Laissez prendre 4 heures au congélateur, puis dressez à la poche à douille.

Le résultat reste souple et se dresse en spirale. Ce n’est pas une glace à l’italienne au sens strict, puisqu’elle a durci au congélateur, mais la chantilly lui donne une partie de sa légèreté.

Mini-résumé : sans machine, la chantilly apporte l’air avant la congélation, là où la machine l’incorpore pendant.

Servir de la glace en boutique : l’équipement

Sur une plage, un camping ou une terrasse, la glace à l’italienne se prépare devant le client. La machine garde le mélange liquide dans une cuve réfrigérée, le congèle en le brassant, puis le délivre par une manette. Les modèles courants ont trois manettes : une par parfum, et une troisième pour le mélange des deux. Les professionnels partent le plus souvent d’un mélange prêt à l’emploi, liquide ou en poudre, versé directement dans la machine.

Cette machine demande une hygiène suivie. Lors de ses contrôles, la DGCCRF regarde en particulier les appareils à glace à l’italienne : le nettoyage des cuves et des cylindres, et l’utilisation correcte des produits de nettoyage.

Glaces à la boule : un autre équipement

Un glacier qui fabrique ses propres parfums travaille avec une autre chaîne :

ÉtapeÉquipement
Préparer et chauffer le mélangePasteurisateur à glace, seul ou combiné à une turbine
Congeler en brassantTurbine à glace, de la turbine à poser au modèle de 50 à 80 L/h
Conserver les bacsArmoire ou congélateur négatif, à − 18 °C ou moins
Présenter et servirVitrine à glace, comptoir ou triporteur

La température de conservation des glaces doit être inférieure ou égale à − 18 °C. Les glaces présentées en cornet ou en bâtonnet pour une consommation immédiate peuvent être stockées à leur température de service, qui ne doit jamais dépasser − 10 °C. Pour compléter la carte, une machine à chantilly garnit coupes et cornets.

Mini-résumé : la glace à l’italienne demande une machine dédiée et un nettoyage suivi, la glace à la boule une chaîne qui va du pasteurisateur à la vitrine.

Vous équipez un point de vente de glaces ? Du pasteurisateur à la vitrine, notre équipe vous aide à dimensionner la chaîne selon votre débit. Appelez-nous au 03 22 43 51 24.

Voir le matériel glacier

Questions fréquentes

Les questions qui reviennent le plus souvent sur la glace à l’italienne.

La glace à l’italienne est servie au sortir de la machine, avant d’être durcie : elle reste souple et se dresse en spirale. La glace à la boule est durcie juste après la congélation, conservée au froid négatif, puis servie à la cuillère.

Parce qu’elle contient beaucoup d’air, incorporé pendant la congélation : c’est le foisonnement. Le fabricant de machines Taylor vise 35 à 45 % pour une glace à l’italienne.

On peut s’en approcher. Une chantilly mêlée de lait concentré sucré, prise 4 heures au congélateur puis dressée à la poche à douille, donne une texture souple. Pour un résultat plus fidèle, une sorbetière et un service immédiat restent nécessaires.

Oui, mais elle durcit et devient une glace à la boule. Pour garder la texture à l’italienne, servez-la dès la fin du turbinage.

À − 18 °C ou moins. Les glaces présentées en cornet ou en bâtonnet pour une consommation immédiate peuvent être stockées à leur température de service, sans jamais dépasser − 10 °C.

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Sources

  • Office québécois de la langue française, Grand dictionnaire terminologique, fiche « crème glacée dure », 2010. Consulter
  • Office québécois de la langue française, Grand dictionnaire terminologique, fiche « machine à crème glacée molle », 2010. Consulter
  • Office québécois de la langue française, Grand dictionnaire terminologique, fiche « spirale de crème glacée », 2011. Consulter
  • Office québécois de la langue française, Grand dictionnaire terminologique, fiche « crème glacée italienne », 2015. Consulter
  • H. Douglas Goff, Ice Cream Technology e-Book, Université de Guelph, chapitre « Freezing/Whipping of Ice Cream ». Consulter
  • Taylor Company, « What Is Soft Serve? Overrun, Texture and How It Affects Your Operation », 28/10/2025, mis à jour le 03/08/2026. Consulter
  • DGCCRF, « Glaces, sorbets et crèmes glacées : comment les choisir ? », 19/05/2025. Consulter
  • DGCCRF, « Glaces, crèmes glacées, sorbets : comment les conserver ? », sante.fr, 19/08/2019, mis à jour le 06/07/2026. Consulter
  • Arrêté du 21 décembre 2009 relatif aux règles sanitaires applicables aux activités de commerce de détail, d’entreposage et de transport de produits d’origine animale et denrées alimentaires en contenant, annexe I, Légifrance. Consulter
  • L’Hôtellerie Restauration, « Hygiène : proposer des glaces, sorbets et crèmes glacées », 21/09/2020, d’après la DGCCRF. Consulter
  • Carpigiani UK, « Soft serve overview ». Consulter