Le stérilisateur à eau à 82 °C : qui est concerné, et ce que l'UV ne remplace pas
C'est la confusion la plus coûteuse du sujet, parce qu'elle peut mettre un exploitant en défaut lors d'une inspection.
Le règlement (CE) n° 853/2004 impose, à son annexe III, section I, des installations pour la désinfection des outils avec de l'eau chaude d'au moins 82 °C, ou un autre système ayant un effet équivalent. Cette exigence figure au chapitre II pour les abattoirs et au chapitre III pour les ateliers de découpe, et la section I couvre les viandes d'ongulés domestiques : elle vise les établissements agréés, et le règlement exclut de son champ le commerce de détail. Une boucherie en remise directe, un restaurant, une cuisine de collectivité n'y sont donc en principe pas soumis.
La clause d'équivalence, elle, figure dans le texte depuis l'origine : ce n'est pas un assouplissement récent. Mais une méthode alternative doit être démontrée, et la voie diffère selon sa nature. Pour un procédé physique, la démonstration d'équivalence relève des instituts techniques de la filière, et les méthodes retenues sont ensuite diffusées par la direction générale de l'alimentation et intégrées aux guides de bonnes pratiques. Pour un procédé chimique, il faut une autorisation de mise sur le marché délivrée par le ministère chargé de l'écologie après avis de l'Anses. L'instruction technique en vigueur est la DGAL/SDSSA/2014-459 du 16 juin 2014, qui a remplacé les notes de service antérieures.
Aucune armoire à UV n'est une méthode alternative reconnue en France, et nous ne connaissons pas de dossier qui ait été déposé. L'instruction de 2014 ne mentionne pas les ultraviolets, et l'étude de référence remise en 2012 par l'ADIV, l'Institut de l'Élevage et l'IFIP pour recenser et valider les alternatives aux stérilisateurs à 82 °C ne les a pas testés : sur les vingt-six dossiers de validation que l'administration lui a transmis, vingt-trois étaient chimiques, deux portaient sur un passage en machine aux pauses, un sur un pistolet eau-air-détergent. Les seules équivalences retenues par l'instruction de 2014 sont thermiques, à température plus basse : 75 °C pendant 15 secondes par immersion, 70 °C pendant 30 secondes, et des couples comparables par aspersion.
La raison physique est celle de la section précédente. Une méthode de désinfection en cours d'activité doit agir en quelques secondes sur une lame qui vient de travailler, donc souillée. L'UV demande l'inverse : une surface propre, directement exposée, et un temps long. Ce ne sont pas deux solutions au même problème.
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Armoire UV |
Stérilisateur à eau 82 °C |
Lave-batterie |
| Ce qu'il fait |
maintient le niveau de désinfection d'ustensiles propres et secs |
désinfecte une lame en cours d'usage, en quelques secondes |
nettoie et désinfecte : action mécanique, détergent et chaleur |
| Ce qu'il ne fait pas |
ne nettoie pas, n'atteint ni les ombres ni les rainures |
peu efficace sans nettoyage préalable, risque de brûlure |
rien pendant le service, et pas de manche en bois |
| Raccordements |
une prise |
eau, évacuation, 1 à 1,5 kW en maintien |
eau, évacuation, triphasé le plus souvent |
| Qui en a l'obligation |
personne |
abattoirs et ateliers de découpe agréés |
personne |
| Ordre de prix HT |
250 € chez nous |
400 à 570 € sur le marché |
à partir de 3 375 € |
Si vous exploitez un atelier agréé et que vous cherchez à vous affranchir des 82 °C, l'armoire UV ne répondra pas : il vous faut une méthode thermique reconnue ou un dossier chimique. Si vous êtes boucher de détail, charcutier, traiteur, poissonnier ou restaurateur, vous n'avez d'obligation ni pour l'armoire UV ni pour le stérilisateur à 82 °C ; l'armoire retrouve alors sa fonction réelle, celle d'un rangement propre et verrouillable qui entretient l'état de couteaux déjà désinfectés.