Avant de commander : évacuation, protection, pression, place
Voici ce qui fait les retours produit sur ce matériel, et qui ne figure sur aucune fiche de catalogue. À vérifier sur place avant de valider une commande.
L'évacuation : la règle que presque tout le monde rate
Un adoucisseur rejette son eau de régénération, un osmoseur rejette son concentrat en continu : les deux demandent une évacuation. L'article 16.5 du règlement sanitaire départemental en dit plus que cela, et il vise expressément « tout poste de traitement » : un dispositif de protection doit être placé à l'amont immédiat de l'appareil, l'évacuation du rejet doit être gravitaire, et elle doit comporter une rupture de charge à l'air libre avant déversement.
Concrètement, ce dernier point veut dire que le tuyau de rejet ne s'emmanche pas dans le siphon : il doit déboucher au-dessus d'une bonde, avec un intervalle d'air. C'est le détail que les notices grand public donnent faux. Le règlement sanitaire départemental est un arrêté préfectoral, décliné par département à partir d'un modèle national : l'article porte le numéro 16.5 dans la plupart d'entre eux, vérifiez le vôtre. Le choix du dispositif de protection relève de la norme NF EN 1717, et sa pose comme son entretien incombent au propriétaire de l'installation.
La pression : deux plages différentes, et un piège nocturne
Les plages ne sont pas les mêmes selon l'appareil, et c'est le point à ne pas confondre. Un adoucisseur demande 2 à 8 bars, avec un minimum de l'ordre de 3 bars pour que l'aspiration de la saumure se fasse : elle travaille par effet venturi, et sans pression elle ne se fait pas. Les deux osmoseurs, eux, n'acceptent que 1 à 3,5 bars selon leur fiche technique : au-delà, un détendeur devient obligatoire. Autant le savoir avant de commander, car la plupart des réseaux français tournent entre 3 et 5 bars.
Le piège vient ensuite de la nuit. Si votre pression de jour dépasse 5,5 bars, elle peut monter au-dessus de 8 quand les voisins ne tirent plus : au moment exact où une tête chrono-volumétrique déclenche son cycle. Là encore, un détendeur coûte quelques dizaines d'euros et évite d'abîmer une vanne.
La place et la prise
Les deux petits adoucisseurs tiennent sous un plan de travail : 530 et 535 mm de haut. Le 27 litres monte à 1 140 mm, et le 60 litres à 1 590 mm auxquels s'ajoute une bonbonne séparée de 680 mm de haut et 470 × 470 mm au sol. Ni l'un ni l'autre ne passe sous un comptoir de bar ou sous une table de sortie, et c'est l'emprise au sol du 60 litres qui surprend le plus. Prévoyez aussi une prise : 0,03 kW pour les adoucisseurs, 0,2 kW pour les osmoseurs. Un appareil de traitement d'eau ne se glisse pas, il s'implante.
Parfois, c'est une cartouche filtrante qu'il faut
La résine n'est pas toujours la réponse, et nous ne vendons pas l'alternative. Une cartouche filtrante se visse sur l'arrivée d'eau, ne demande ni évacuation ni électricité, tient dans un placard, et traite le chlore et les goûts, ce qu'un adoucisseur ne fait pas du tout. En revanche elle se jette entièrement au bout d'un an au maximum, son débit se compte en dizaines de litres par heure, et son coût d'exploitation se mesure en dizaines d'euros par mètre cube là où le sel se compte en centimes.
Dit autrement : la cartouche se paie en abonnement, l'adoucisseur en installation. Pour une machine à café, une fontaine à eau ou un four mixte qui consomment quelques dizaines de litres par jour, la cartouche est le bon outil. Pour une laverie ou une machine à glaçons qui tourne, et dès qu'on dépasse le mètre cube quotidien, la résine devient imbattable. Et sans évacuation disponible, la question ne se pose même pas : l'adoucisseur est impossible à installer.