Injecter plutôt que tremper : ce qu'on gagne avec une pompe à saler, ce sont des jours
Le sel ne se presse pas. Dans une saumure à 200 g par litre tenue à 3 °C, il progresse d'environ 2 centimètres par 24 heures. Une échine de 12 cm de diamètre demande donc quatre à cinq jours de bac, suivis de huit à dix jours de repos pour que le sel s'égalise. Une poitrine, cinq jours plus dix. Et pendant ce temps, la marchandise occupe de la place et de la trésorerie.
L'injection prend le problème à l'envers : la saumure est déposée directement dans la masse, répartie en plusieurs points, et le cœur de la pièce est salé en même temps que sa surface. Le temps de maturation qui suit se compte alors en heures ou en jours, non plus en semaines.
Le second gain est la régularité. Une pièce trempée se sale de l'extérieur vers l'intérieur : quand le centre est à point, la périphérie a déjà pris trop de sel, et ça se goûte. Injecter, c'est partir d'un sel déjà réparti, donc d'un produit plus homogène d'une tranche à l'autre et d'une fournée à la suivante.
La technique demande un minimum de méthode : on pique dans la masse musculaire et le long des axes vasculaires, on répartit les points au lieu de tout mettre au même endroit, et on évite les poches de saumure qui se verraient à la coupe.