La toile de couche : ce qu'il ne faut surtout pas lui faire
C'est le consommable le plus maltraité du fournil, et celui qui se venge le plus vite.
Une couche se fait en lin, et pas par tradition. Le lin absorbe l'humidité de surface du pâton sans se gorger d'eau, ne peluche pas, et se charge avec le temps d'une fine pellicule de farine qui empêche le collage. Cette pellicule s'appelle le culottage, et elle met des semaines à se former.
D'où la règle que tout le monde finit par apprendre à ses dépens : une toile de couche ne se lave pas. Ni machine, ni savon, ni eau chaude. Un lavage enlève le culottage en une fois, et la toile colle pendant des semaines avant de redevenir utilisable.
L'entretien tient en trois gestes. On brosse à sec après usage, à la brosse dure, pour détacher les croûtes de pâte. On secoue et on laisse sécher à plat ou dépliée, jamais roulée humide, sinon la moisissure s'installe dans les plis. Et on farine légèrement avant de poser, sans excès.
Une couche qui sent, qui garde des taches sombres ou dont les plis ne tiennent plus est en fin de vie. On la remplace, on ne la récupère pas : le coût d'une toile ne se compare pas à celui d'une fournée déformée.