Une soupe qui mousse est une soupe ratée
C'est le geste qui sépare un velouté d'une soupe mousseuse, et il ne coûte rien à apprendre. La cloche qui entoure les lames doit rester entièrement immergée du début à la fin. Dès qu'elle affleure la surface, elle aspire de l'air, l'incorpore à la préparation, et le résultat ressort grisâtre, léger, avec une mousse qui remonte dans l'assiette et qui ne redescend pas.
La bonne méthode consiste à poser la tête près du fond, à lancer, puis à la déplacer lentement en décrivant des cercles, sans jamais la remonter jusqu'à la surface. On ne bat pas, on promène. Si des morceaux restent en haut, on arrête, on remue à la spatule pour les faire redescendre, et on repart.
Un mot de sécurité qui n'est pas théorique : on ne démarre jamais à pleine vitesse dans une marmite pleine et chaude. Le liquide gicle, et à quatre-vingt-dix degrés une projection sur l'avant-bras laisse des traces. On descend la tête éteinte, on démarre doucement une fois immergé, on monte ensuite — et on remonte la vitesse à zéro avant de ressortir.