La raffineuse : produire son praliné plutôt que l'acheter
Une raffineuse est un broyeur à cylindres. Le produit passe entre deux rouleaux dont on règle l'écartement, et ressort chaque fois plus fin. Répété en resserrant, le passage transforme des fruits secs entiers en poudre, puis en pâte.
Ce que cela ouvre : praliné, gianduja, pâte d'amande, massepain, pâte de pistache, poudres de noisette et d'amande, pâte de sésame. Autant de matières que la plupart des laboratoires achètent en seau, à un prix sans rapport avec celui des fruits secs bruts.
Le praliné maison suit toujours le même chemin : fruits secs torréfiés, sucre caramélisé, refroidissement, concassage, puis passages successifs à écartement décroissant. La finesse se juge à la langue : en dessous d'une trentaine de microns, on ne perçoit plus de grain, et la pâte devient lisse.
Le point de vigilance est la chaleur. Le broyage échauffe, et la matière grasse du fruit finit par sortir : la pâte devient huileuse et se sépare au repos. On travaille donc par passes courtes, en laissant redescendre entre deux, plutôt qu'en forçant d'un coup.
Au-delà du coût, l'argument est la signature : un praliné fait sur place se dose en torréfaction et en sucre, et ne ressemble à celui d'aucun confrère qui commande le même seau.