Pousse en direct ou en différé : quel équipement de fermentation pour votre fournil

Entre le façonnage et l’enfournement, le pâton continue de lever. Cette étape, l’apprêt, se conduit à la température du fournil ou dans une chambre de pousse qui la règle pour vous. Selon que vous enfournez dans l’heure ou le lendemain matin, l’équipement n’est pas le même. Voici comment associer votre méthode de travail à l’étuve, à l’armoire ou à la chambre de fermentation.

À retenir

  • L’apprêt va du façonnage à l’enfournement. Un équipement de pousse en maîtrise trois paramètres : la température, l’humidité et la durée.
  • En direct, le pâton lève d’une traite : une étuve de fermentation, qui chauffe et humidifie, suffit.
  • En différé, l’apprêt est ralenti ou bloqué au froid, puis relancé : il faut une armoire ou une chambre de fermentation contrôlée, qui produit du froid et du chaud.
  • Repères de réglage : blocage entre 0 et + 4 °C, pousse lente entre 10 et 12 °C, réactivation entre 16 et 20 °C, hygrométrie autour de 80 %.
  • Le format de l’équipement se choisit sur celui de vos plaques, filets ou chariots, puis sur le volume produit.

Ce que règle un équipement de pousse

La fermentation d’une pâte à pain se déroule en deux temps. Le pointage suit le pétrissage, pâte en masse. L’apprêt commence quand le pâton est façonné et se termine à l’enfournement. C’est pendant l’apprêt que le pâton prend son volume : il est prêt quand l’empreinte du doigt s’efface lentement.

Un équipement de pousse agit sur trois paramètres de cette étape.

  • La température. Les ferments atteignent leur activité maximale dans la pâte entre 23 et 25 °C. En abaissant la température, on ralentit leur action, jusqu’à la stopper presque autour de 0 °C.
  • L’humidité. Une hygrométrie d’environ 80 % évite que le pâton ne sèche en surface, ce que le métier appelle le croûtage. Au-dessus, la vapeur se condense sur les pâtons et les rend collants.
  • La durée. En jouant sur les deux premiers paramètres, on raccourcit ou on prolonge l’apprêt, et l’on choisit l’heure d’enfournement.

Mini-résumé : un équipement de pousse règle la température, l’humidité et la durée de l’apprêt, du façonnage à l’enfournement.

En direct ou en différé : deux organisations du fournil

Le travail en direct

En direct, la fermentation se déroule d’une traite jusqu’à l’enfournement. Le fournil fait lever, ou une étuve prend le relais quand la pièce est trop fraîche, trop sèche, ou quand vous voulez une durée d’apprêt constante d’un jour à l’autre.

Le travail en différé

Les méthodes de fermentation contrôlée ralentissent, bloquent ou relancent la fermentation au froid. Elles permettent de différer la cuisson de 12 à 48 heures : les pâtons façonnés la veille s’enfournent au moment voulu.

Le Technomitron, site de l’Association nationale des professeurs de boulangerie, décrit quatre méthodes. Elles n’appellent pas toutes le même équipement.

MéthodeCe qui se passeTempérature et duréeÉquipement
Pousse lenteL’apprêt se déroule lentement, à température constante10 à 12 °C, jusqu’à 24 hArmoire ou chambre de fermentation contrôlée
Pousse bloquée et réactivéeL’apprêt est presque arrêté au froid, puis relancé par réchauffementSous + 4 °C jusqu’à 48 h, puis environ 18 °CArmoire ou chambre de fermentation contrôlée
Prépoussé bloquéLes pâtons font les trois quarts de leur apprêt, puis sont bloquésSous + 4 °C, jusqu’à 20 hArmoire ou chambre de fermentation contrôlée
Pointage retardéLa pâte est stockée en bacs avant division, c’est le pointage qui s’allongeEnviron + 6 °C jusqu’à 24 h, ou + 2 °C de 24 à 48 hChambre froide ou armoire pour bacs à pâte

Pour une fournée cuite dans la foulée du façonnage, le direct suffit. Pour cuire à plusieurs moments de la journée à partir d’un même façonnage, il faut passer au différé.

Mini-résumé : le travail en direct fait lever d’une traite, le travail en différé ralentit ou bloque l’apprêt au froid pour choisir l’heure de cuisson.

Étuve, armoire ou chambre : l’équipement selon la méthode

ÉquipementChauffeRefroiditMéthode servieCapacité
Étuve de fermentationOuiNonDirectPlaques ou filets, souvent sous le four
Armoire de fermentationOuiOuiDirect et différéPlaques, filets ou couches, sur une ou plusieurs cellules
Chambre de fermentation à chariotsOuiOuiDirect et différéChariots complets, une à trois places

L’étuve, pour le travail en direct

L’étuve de fermentation est une enceinte chauffante et humidifiée, sans production de froid. Elle accélère et régularise l’apprêt. Faute de froid, elle ne sait pas le bloquer. Beaucoup se posent sous le four : sous un four à sole de boulangerie ou sous un four pâtissier, en 400 × 600 ou en 600 × 800 mm. C’est l’équipement du fournil qui cuit dans la foulée du façonnage. Voir nos modèles d’étuve de fermentation.

L’armoire, pour la pousse contrôlée

L’armoire de fermentation, aussi appelée armoire de pousse contrôlée, produit du froid et du chaud et règle l’hygrométrie. Programmée, elle enchaîne le froid qui bloque l’apprêt et le chaud qui le relance, pour que les pâtons soient prêts à l’heure choisie. À titre d’exemple, l’une de nos armoires couvre de − 20 à + 35 °C. Elle reçoit des platines, des filets ou des couches, sur une ou plusieurs cellules. Voir nos modèles d’armoire de fermentation.

La chambre à chariots, pour les volumes

La chambre de fermentation contrôlée applique le même principe à l’échelle du chariot. Le Technomitron la décrit comme un espace climatisé composé d’une ou plusieurs cellules qui reçoivent des chariots, avec une programmation sur plus de 60 heures, un froid qui descend à − 10 °C et un chaud qui monte à + 35 °C. Les chariots y entrent chargés et en ressortent pour le four, sans transvaser les plaques. Nos modèles accueillent jusqu’à trois chariots, de 40 × 60 à 80 × 80 cm, en version pour pâte fraîche ou pour pâte crue surgelée. Voir nos modèles de chambre de fermentation.

Pour le pointage retardé, qui se conduit en bacs de pâte non divisée, une armoire pour bacs à pâte climatisée ou une chambre froide positive font l’affaire.

Mini-résumé : l’étuve chauffe pour le direct, l’armoire et la chambre refroidissent et chauffent pour le différé, la chambre prenant les chariots entiers.

Les réglages de référence, étape par étape

Les valeurs ci-dessous sont des repères de métier, tirés du Technomitron. Elles se corrigent selon la recette, la dose de levure, la farine et la température de la pâte en sortie de pétrin.

ÉtapeTempérature de l’enceinteDurée repère
BlocageEntre 0 et + 4 °CJusqu’à 48 h en pousse bloquée
Pousse lenteEntre 10 et 12 °CJusqu’à 24 h
Réactivation après blocageEntre 16 et 20 °CSelon la recette
Apprêt de la viennoiserie feuilletée en étuve27 °C2 h pour des croissants de 66 g
Apprêt de la brioche en étuve27 °C1 h à 1 h 30
Hygrométrie, à toutes les étapesEnviron 80 %

La réactivation se conduit entre 16 et 20 °C : c’est ce qui assure le réchauffement progressif des pâtons. Autre repère, le Technomitron conseille d’abaisser la température de cuisson de 10 °C pour les pâtons conduits en fermentation contrôlée, et de faire descendre la température de l’enceinte avant d’y introduire les pâtons.

À noter : en viennoiserie feuilletée, l’apprêt reste sous le point de fusion du beurre. Le Technomitron le situe entre 29 et 34 °C pour un beurre courant, et vers 39 °C pour un beurre fractionné destiné aux croissants. Au-delà, le beurre commence à fondre dans le feuilletage.

Mini-résumé : blocage sous + 4 °C, pousse lente à 10 ou 12 °C, relance entre 16 et 20 °C, et 80 % d’hygrométrie sont les repères de départ de tout réglage.

Choisir selon votre fournil

Le format, à vérifier en premier

Un équipement de pousse reçoit ce que vous façonnez : plaques, filets, couches ou chariots. Son format suit celui de votre four et de vos supports. Nos armoires et étuves existent en 400 × 600, 400 × 800 et 600 × 800 mm : partez du format des plaques et des filets que vous enfournez. Un chariot de four qui n’entre pas dans la chambre oblige à tout transvaser, et c’est le temps gagné qui disparaît.

Le volume à faire pousser

Comptez les plaques d’une fournée, puis le nombre de fournées à décaler dans la journée. Une armoire se dimensionne en niveaux : 24 plaques de 400 × 600 mm pour notre armoire Panimatic à deux compartiments, par exemple. Quand la production se compte en chariots complets, la chambre évite de charger et décharger plaque par plaque.

La place disponible

L’étuve sous le four occupe une surface déjà prise. L’armoire se loge contre un mur du fournil. La chambre à chariots demande un emplacement dédié et un passage pour les chariots. Nos armoires et chambres fonctionnent en monophasé 230 V pour plusieurs modèles : vérifiez l’alimentation de votre local sur la fiche de chaque référence.

La consommation

Une armoire ou une chambre de fermentation produit du froid la nuit et du chaud au petit matin. Leur place dans la facture d’un fournil est traitée dans notre article Comment réduire la consommation d’énergie en boulangerie ?.

Mini-résumé : le format suit vos supports de cuisson, le volume décide entre armoire et chambre, et la place disponible tranche le reste.

Un fournil à équiper pour la pousse ? Nos étuves, armoires et chambres de fermentation couvrent le travail en direct comme la pousse contrôlée, du format 400 × 600 aux chariots de 80 × 80 cm. Pour dimensionner votre équipement, notre équipe vous répond au 03 22 43 51 24.

Voir les équipements de pousse

Questions fréquentes

Les questions qui reviennent le plus souvent au moment de régler ou de choisir un équipement de pousse.

Elle dépend de l’étape. Pour bloquer la fermentation, entre 0 et + 4 °C. Pour une pousse lente, entre 10 et 12 °C. Pour réactiver des pâtons bloqués, entre 16 et 20 °C. Pour l’apprêt en étuve de la viennoiserie et de la brioche, le Technomitron indique 27 °C.

L’étuve chauffe et humidifie, sans produire de froid : elle sert au travail en direct. L’armoire de fermentation contrôlée produit du froid et du chaud, ce qui permet de bloquer puis de relancer l’apprêt pour cuire le lendemain.

Oui. Les deux termes désignent une enceinte qui règle la température et l’humidité de l’apprêt. On parle de chambre de fermentation contrôlée, ou de chambre de pousse contrôlée, quand elle produit aussi du froid pour différer la cuisson.

Environ 80 %, régulé par un hygrostat. En dessous, la peau du pâton sèche et croûte. Au-dessus, la vapeur se condense sur les pâtons et les rend collants.

Jusqu’à 48 heures en pousse bloquée et réactivée, sous + 4 °C, et jusqu’à 20 heures en prépoussé bloqué. Ces durées sont des maxima de méthode : la recette et la dose de levure décident de la durée réelle.

À lire aussi

Oranais 02

Un surgélateur dans une boulangerie

Il est important dans une boulangerie de pouvoir refroidir pour les conserver les gâteaux (comme les oranais) et pains pour pouvoir les récupérer plus tard. Mais, avant tout, il est important de ne pas en altérer le goût. Or, la règle est très simple pour conserver les qualités d'un aliment, quel qu'il soit, il faut le refroidir très rapidement et le ramener en température très lentement. C'est pour cette raison que le surgélateur est très utile.

Petrin a spirale

Température de cuve pour la pâte à pain

La question de la fabrication d'un bon pain de tradition française revient souvent. Pourtant, il n'existe pas une simple "recette miracle", mais un ensemble de techniques à adapter selon plusieurs facteurs : la température extérieure, l'humidité de l'air et d'autres paramètres cruciaux. Parmi ces éléments, la température de cuve joue un rôle essentiel dans la réussite de vos produits boulangers.

Sources

  • Les méthodes de fermentation contrôlée, Technomitron, Association nationale des professeurs de boulangerie (AAINB), publié le 30/06/2018, modifié le 18/10/2020. Consulter
  • Le pointage et l’apprêt, Technomitron, Association nationale des professeurs de boulangerie (AAINB). Consulter
  • Pâte levée feuilletée sur direct, Technomitron, Association nationale des professeurs de boulangerie (AAINB). Consulter
  • Pâte à brioche sur direct, Technomitron, Association nationale des professeurs de boulangerie (AAINB). Consulter
  • Le beurre, Technomitron, Association nationale des professeurs de boulangerie (AAINB). Consulter