Chambre de repos à mini-balancelles : l'étape de détente qu'on saute
Entre la boule qui sort de la diviseuse et le pâton qui entre dans la façonneuse, il y a un temps mort obligatoire : la détente. Une boule fraîchement serrée résiste, se déchire au laminage et refuse de s'allonger. Il lui faut quelques minutes pour que le réseau de gluten se relâche.
En petite production, on pose les pâtons sur une table et on les reprend dans l'ordre. Dès que la cadence monte, cette table devient le goulot : elle prend de la place, l'ordre se perd, et les pâtons croûtent à l'air libre.
La chambre de repos à mini-balancelles résout les trois problèmes d'un coup. Les pâtons entrent dans des poches suspendues qui défilent en circuit fermé : ils ressortent dans l'ordre exact où ils sont entrés, après la durée voulue, à l'abri de l'air. Le boulanger n'a plus à se souvenir de rien.
Deux géométries existent, et le choix se fait sur le poids des pâtons. Les modèles à balancelles linéaires, environ quarante poches de 95 mm de large sur 1 270 mm de long, sont taillés pour la baguette de 250 g. Les modèles à poches de 135 mm, une trentaine, acceptent des pâtons plus gros et des pains de forme. Un pâton trop large pour sa poche se déforme, un pâton trop petit se retourne : la largeur n'est pas un détail.
Dernière chose à anticiper, le poids : ces machines pèsent de 300 à 365 kg. Elles se posent, elles ne se déplacent pas.