La V368 se lave au jet d'eau. Le sabot se démonte sans outil et le peigne bascule, ce qui rend l'opération rapide. Les matériaux l'autorisent, et la fiche technique précise qu'ils « permettent le fonctionnement à l'eau de mer ». Notre écailleur électrique ne supporte pas ce traitement : son bloc moteur se nettoie à l'éponge humide.
Cette tolérance des matériaux n'est pas une autorisation réglementaire. Le règlement (CE) n° 852/2004, annexe II, chapitre VII, pose l'eau potable comme principe à son point 1 a, et n'ouvre à son point 1 b que trois dérogations : l'eau propre pour « les produits de la pêche entiers », l'eau de mer propre pour les coquillages vivants et assimilés, l'eau propre pour « le lavage extérieur ».
Un filet n'entre dans aucune des trois : pour travailler et laver un filet, c'est l'eau potable. L'eau de mer garde son intérêt à bord et en criée, sur le poisson entier. La qualité de l'eau au poste de vente est traitée sur le rayon étal à poisson inox.
La machine sort un filet pelé d'un côté, une peau de l'autre, et le règlement traite les deux séparément.
Pour le filet, la disposition applicable au commerce de détail est le règlement (CE) n° 853/2004, annexe III, section VIII, chapitre III, partie A, point 6.
« Les opérations telles que le filetage et le tranchage doivent être réalisées de telle sorte que la contamination ou la souillure des filets et des tranches soit évitée. Les filets et les tranches ne doivent pas séjourner sur les tables de travail au-delà de la durée nécessaire à leur préparation. Les filets et les tranches doivent être conditionnés et, s'il y a lieu, emballés et réfrigérés le plus vite possible après leur préparation. »
Ce point décide de ce qu'il faut à portée de la machine : une table réfrigérée ou une armoire positive, des bacs gastronorme pour descendre les filets, et de quoi conditionner sans traverser l'atelier, sacs et emballages ou machine sous vide.
Pour les filets fumés, une obligation est souvent ignorée, et elle a ses conditions. Le même chapitre III, partie D, applicable au détail, impose un traitement de congélation aux produits issus de poissons à nageoires ou de mollusques céphalopodes « marinés, salés et/ou ayant subi un autre traitement, si le traitement est insuffisant pour tuer les parasites viables ».
Le barème est chiffré : − 20 °C pendant 24 heures au minimum, ou − 35 °C pendant 15 heures.
Le fumage à froid ne figure pas parmi les traitements exemptants, le texte n'exemptant le traitement thermique que s'il porte le produit à 60 °C à cœur pendant au moins une minute.
Le même point exempte en revanche les poissons de pisciculture élevés à partir d'embryons et nourris d'un régime exempt de parasites viables, ce qui couvre le saumon d'élevage. Vérifiez l'origine de vos filets avant de conclure. Notre article sur le saumon fumé maison revient sur la technique.
La peau, elle, est un sous-produit animal de catégorie 3 au titre du règlement (CE) n° 1069/2009, article 10, point i. Le classement, les exemptions et la filière sont détaillés sur le rayon écailleur à poissons. Au poste, le socle à roulettes avec bac à peaux et canalisation de l'eau, proposé en option par le fabricant, règle la question : la peau tombe dans un bac, l'eau part séparément.