Trois familles de fours boulangerie, trois façons de produire
Le four à sole reste la référence du pain. Sa sole en béton ou en pierre réfractaire emmagasine une chaleur considérable et la rend d'un coup à la pâte au moment de l'enfournement. C'est ce contact qui donne le développement, l'alvéolage et le pied de la baguette. On y cuit la tradition, les pains spéciaux, les pâtes au levain, tout ce qui demande du temps et de l'inertie.
Le four ventilé, lui, travaille en 600 × 400 sur quatre à dix niveaux, avec une turbine et un système de buée. Il monte et descend vite, il se charge à la grille, il enchaîne. C'est le four de la viennoiserie, du feuilletage, du petit pain précuit et du snacking. Il ne remplace pas un four à sole sur une baguette de tradition, et l'inverse est vrai aussi.
Le four à chariot rotatif reçoit un chariot entier qui tourne pendant la cuisson, ce qui homogénéise la fournée sur dix à dix-huit filets. C'est l'outil de la production continue et des gros débits : terminaux de cuisson, points chauds à fort passage, laboratoires qui alimentent plusieurs boutiques. La version à chariot fixe est plus simple et moins chère, pour des volumes intermédiaires.
Beaucoup de fournils fonctionnent avec deux de ces trois familles : une sole pour le pain, un ventilé pour la viennoiserie. C'est souvent plus pertinent qu'un seul four polyvalent surdimensionné.