Ce que la diviseuse change vraiment dans la marge
L'argument avancé est toujours le temps. Le gain le plus solide est ailleurs, et il se chiffre.
Un boulanger qui pèse à la main se donne une sécurité en poids. Personne ne veut sortir une baguette sous le grammage annoncé, alors on ajoute deux ou trois grammes par pièce. Sur cinq cents pièces par jour, ces trois grammes représentent un kilo et demi de pâte donnée chaque jour, plus de cinq cents kilos sur l'année. Une diviseuse supprime cette marge de sécurité parce qu'elle n'en a pas besoin.
Le deuxième gain est la régularité à la cuisson. Des pâtons de poids identique cuisent au même rythme : on ne sort plus une plaque dont trois pièces sont pâles et deux trop colorées. En pizzeria, c'est ce qui fait que toutes les pâtes s'étalent au même diamètre sur le laminoir à pizza.
Le troisième, enfin, est le dos. Vingt minutes de pesée penchée, deux fois par jour, sur trente ans de métier, cela ne se rattrape pas.
Après la division vient la détente, en chambre de repos à mini-balancelles ou sur table, avant le façonnage et la chambre de pousse. Le reste de la chaîne se trouve dans la rubrique préparation de la pâte.